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  Conseils pour bien choisir son bois et pour le tracer
  par Céline Dubord
 


Ces quelques conseils vous guideront dans le choix de vos matières premières et vous dévoileront la base d'un travail d'ébénisterie effectué selon les règles de l'art. Un bon départ est toujours garant d'un résultat satisfaisant...

Au cours du séchage, le bois a tendance à se rétracter, les planches peuvent alors se déformer et comporter des défauts.

Les planches débitées sur dosse se rétractent généralement sur la longueur. Les planches débitées sur quartier rétrécissent très légèrement sur la largeur et à peine sur l’épaisseur. Les bois équarris se déforment en losange. Les bois ronds se déforment en ovale. Les planches de bois parfait se déforment beaucoup moins. Pour évaluer la stabilité d’une planche sur quartier, inspectez le bois de bout; lorsque les anneaux de croissance sont perpendiculaires à la face, la pièce ainsi sélectionnée est moins susceptible de se déformer.


Principaux défauts du bois

Les principaux défauts du bois sont : les fentes, les nœuds, le bois d’aubier, l’incurvation, la courbure en longueur, les cambrures et le gauchissement. Voici quelques renseignements à leur sujet.

Fentes : Les fentes en bout de bois (aux extrémités) sont fréquentes, car c’est en bout que l’évaporation des bois est la plus intense. Vous pouvez éliminer les fentes en tronçonnant la partie fendue. Choisissez les planches qui ont les fentes les plus courtes pour occasionner moins de perte.

Nœuds : Les nœuds incorporés à la planche proviennent des branches ou d’un rameau de l’arbre. Ils sont considérés comme défauts lorsqu’ils ne sont pas de bonne qualité. En ébénisterie, les planches ne doivent contenir que des nœuds sains, solidaires du bois (ne se détachant pas). Sinon, ces corps étrangés entraînent une distorsion du bois. Les nœuds doivent être enlevés lorsque l’utilisation de la planche est destinée à une pièce apparente du meuble sauf s’il s’agit de la construction d’un meuble en bois noueux.

Bois d’aubier : Le bois d’aubier, partie la plus pâle du bois, est toujours situé sur une rive de la planche. Il provient des couches externes de croissance. Choisissez les planches qui comportent le moins de bois d’aubier. Il est difficile de faire une finition uniforme sur ce bois à moins de faire une teinture d’aubier. Si le bois d’aubier ne fait pas la longueur totale de la planche, utilisez celle-ci dans des pièces plus courtes pour diminuer les pertes.

Incurvation : L’incurvation est le voilement transversal ou tirant au cœur de la face d’une pièce de bois par rapport à la ligne droite qui joint les rives de celle-ci. Elle se situe dans le bout ou sur les faces de la planche. Elle disparaît lors de la préparation mais vous devez soustraire l’incurvation à votre épaisseur brute pour obtenir le maximum d’épaisseur finie possible. Si elle est trop prononçée, il peut être utile de refendre la pièce pour diminuer l’influence de l’incurvation. Sinon, utilisez celle-ci pour fabriquer les pièces finies de moindre épaisseur.

Courbures en longueur : C’est le voilement longitudinal de la face d’une planche par rapport à une ligne droite qui joint les extrémités de celle-ci. Vous pouvez la localiser en plaçant la planche sur une surface droite ou en la regardant par le bout. Elle disparaît lors de la préparation. Comme pour l’incurvation, il faut soustraire la courbe de longueur à l’épaisseur brute pour obtenir le maximum d’épaisseur finie. L’utilisation des planches ayant une courbure de longueur se fait pour des pièces courtes.

Cambrures : C’est le voilement longitudinal des rives d’une planche par rapport à une ligne droite qui joint les extrémités de celle-ci. Vous localisez la cambrure en plaçant la rive de la planche sur une surface droite ou en la regardant par le bout. Les cambrures disparaisent lors de la préparation des bois. Soustrayez la cambrure latérale pour obtenir la largeur maximum. Vous devez redresser les chants avant de refendre la planche. Si la déformation est encore trop importante, utilisez ce bois pour des pièces courtes.

Gauchissement : C’est la combinaison de la torsion avec l’incurvation, la courbure de longueur et la cambrure. Ce défaut est facilement réparable lors du débitage mais le comportement des planches gauchies est imprévisible, il est donc préférable de ne pas utiliser celles-ci pour des pièces importantes dans un meuble.

Le traçage en vue du façonnage

Nous pouvons affirmer que c’est la qualité des assemblages qui fait de nous un bon artisan du meuble. L’exécution de ceux-ci, ajustés correctement, nécessite une compréhension de la matière première qu’est le bois et la maîtrise de l’outillage manuel et électrique. La réalisation d’un assemblage parfait passe nécessairement par le respect d’un certain nombre de règles et de techniques éprouvées et le traçage en fait partie. Il s’exécute à l’aide d’outils tels que : règle, ruban à mesurer, crayon, couteau de traçage, équerre, équerre à coulisse, équerre combinée, trusquin, trusquin à lame…

Dressage du bois

Lorsque vous préparez les pièces de bois avant assemblage, rabotez deux faces adjacentes de façon à ce qu’elles soient parfaitement d’équerre; ce seront les faces de référence pour les mesures et les équerrages à venir. Afin de facilement reconnaître ces pièces, vous pouvez inscrire un X, à l’aide d’un trait de crayon, sur le chant et le parement de référence.

Lorsque vous mesurez une pièce de bois à l’aide d’une équerre ou d’un trusquin, assurez-vous de relever toutes les dimensions à partir du chant ou du parement de référence. Vous mettrez ainsi toutes les chances de votre côté pour que la pièce tracée soit à la bonne dimension ou que les divers composants de votre meuble s’assemblent convenablement.

Précision, rigueur et minutie

Pour obtenir des résultats impeccables, vous devez commencer par un traçage précis de vos pièces à assembler et ce, avec de bons outils. Travaillez toujours avec un crayon bien affilé. Vous devez tenir compte que les traits de crayon sont sujets aux variations d’épaisseur, causée par l’usure de la mine.

Vous pouvez aussi utiliser un couteau à tracer pour inscrire les lignes de découpe. Le couteau entaille légèrement les fibres du bois, créant ainsi une petite dépression, précieuse pour l’amorce d’une découpe à la scie. Le trait produit par un couteau est plus fin que la plupart des traits de crayon.

Utilisation du couteau à tracer

Utilisez le couteau en appuyant toujours le côté de la lame contre l’équerre ou la règle guidant la manoeuvre. Suivant cette étape, si le tracé au couteau est difficle à distinguer, soulignez-le au crayon; si le bois est de tonalité sombre, frottez-le de craie pour que le tracé ressorte mieux ou utilisez un crayon d’une couleur différente de celle du bois.

Prolongation des tracés

Pour prolonger les tracés autour des lignes d’épaulement d’une pièce de bois, placez la pointe du couteau dans le tracé que vous venez d’exécuter, puis faites glisser la lame de l’équerre contre la lame du couteau.

Tracer plusieurs pièces à la fois

Lorsque c’est réalisable, utilisez une pièce déjà tracée comme modèle plutôt que de reprendre les mesures pour chacune des pièces à travailler. Si votre meuble comporte certaines pièces identiques, disposez-les côte à côte sur l’établi et tracez-les ensemble.

Utilisation de l’équerre à coulisse

Marquez un repère sur le bord supérieur de la pièce à tracer et amenez la lame de l’équerre contre celle-ci. Effectuez ensuite le traçage au crayon ou au couteau à tracer, après vous être assuré que la semelle est bien collée contre le chant de la pièce. Le traçage peut s’effectuer contre l’arête extérieure ou intérieure de la lame, mais considérez que le traçage intérieur est généralement plus précis.

Le trusquin simple

Deux trusquins de traçage sont généralement utilisés. L’un de ceux-ci est le trusquin simple, dont la tige, d’environ 15cm, est traversée à son bout par une pointe de métal. Cette tige coulisse à travers une ouverture aménagée dans un bois plus massif qu'on appelle le plateau. Une molette placée sur celui-ci permet de verrouiller la tige en place suite au réglage approprié de la distance entre la face travaillante du plateau et la pointe de métal.

Le trusquin d’assemblage

Analogue au trusquin de traçage, le trusquin d’assemblage présente quant à lui une tige équipée de deux pointes réglables. L’ajustement de la largeur entre les deux pointes, et de la distance de celles-ci par rapport au plateau de l’outil, permet de tracer en une seule passe les deux limites extérieures d’un tenon et d’une mortaise. Les traits sont précis et d’une découpe facile, assurant un assemblage parfait. Encore une fois, assurez-vous d’effectuer le traçage à partir de la même face de référence.

Utilisation du trusquin

Suite à l’ajustement du trusquin, vous placez le plateau contre la face de référence de votre pièce de bois. Puis, vous tirez celui-ci vers vous en gardant la pointe appuyée sur la surface à tracer. De préférence, vous effectuez plusieurs passes consécutives à pression modérée plutôt qu’un seul passage à pression forte, surtout lorsqu’il s’agit d'un traçage dans le sens du fil dans un bois mou, car la ou les pointes de l’outil tendent à s’écarter de leurs lignes en s'engageant dans le fil du bois.


Signes conventionnels d’établissement des bois

Une façon simple et sans équivoque d’établir l’emplacement des pièces dans un meuble est d’utiliser les signes conventionnels d’établissement des bois. Voici les principaux signes utilisés en ébénisterie.